Administratrices, administrateurs,
membres de ROCAHD, personnel du ROCAHD, président et
secrétaire de cette assemblée,
Lors de la
dernière assemblée générale, le président d’alors monsieur Wanex Lalanne Zéphyr,
dans son allocution, résumait la situation précaire du ROCAHD. Il disait et je
cite : « Au moment où je vous parle, il n’y a qu’un petit fil qui nous lie à l’ACDI,
notre principal bailleur de fonds. Actuellement, nous jouissons d’une
prolongation d’entente de six mois avec l’ACDI. Officiellement, cette entente
prendra fin le 31 décembre 2004. D’ici là que se passera-t-il ? On ne le sait
pas ». Fin de la citation ( cf. : le mot de la Présidence, rapport annuel du
ROCAHD 2003-2004, page 2 )
Actuellement,
nous bénéficions d’une prolongation pour l’année 2005-2006 dont les détails vous
seront donnés par monsieur Éric Faustin, directeur général du ROCAHD.
Je vous en
prie, ne pensez pas que le petit fil était un élastique. De toute façon, il
aura fini par se casser à force de l’étirer, dépassant sa force de tolérance.
Et si l’ancien conseil ne savait pas ce qui se passerait à la fin de la
rémission, nous, nous le savons à l’issue de l’actuelle prolongation. Ou du
moins nous croyons le savoir.
Durant les
différentes rencontres que le comité exécutif actuel et le Directeur avaient
avec l’ACDI, il apparaissait clairement que l’organisme canadien voulait que le
ROCAHD change son approche, et dans la gestion interne, et surtout dans la
gestion des projets. Du refus ou de l’entêtement de notre organisme à continuer
dans le respect de sa constitution intrinsèque, tout en essayant de mettre des
pansements sur des petits bobos, découlent ses difficultés de faire accepter par
l’ACDI les différentes programmations qui lui étaient acheminées.
Ne vous y
méprenez pas. Que ce soit durant les rencontres au bureau de l’ACDI, à Ottawa,
que ce soit durant les rencontres avec la diaspora en avril dernier, que ce soit
dans le rapport de l’Évaluateur institutionnel, l’ACDI a toujours affirmé
vouloir travailler avec le ROCAHD, vouloir que ce dernier soit fort et qu’il
devienne même un organisme pan canadien. Pour cela il y a un prix à payer :
changer notre façon de faire.
1)
avoir la capacité de collecter des fonds,
2)
être responsable des projets au lieu d’être simplement la courroie de
transmission des fonds de l’ACDI aux organismes présentateurs de projets,
3)
réaliser de grands projets donc mettre fin aux petits,
4)
s’assurer que les projets concourent au développement durable.
Le ROCAHD a
passé l’année à réagir jusqu’ici aux exigences de l’ACDI et était aussi occupé à
faire face aux différentes évaluations institutionnelle et financière. Pas parce
que le ROCAHD était en faute mais parce que, à mon avis, l’organisme canadien
voulait avoir une base pour suggérer au ROCAHD, d’emprunter ce nouveau chemin
dont j’ai parlé plutôt. Je dis suggérer, pas imposer car nous avons la
possibilité de refuser si nous pensons être capables de suppléer à l’absence de
ce bailleur de fonds. Et si nous refusons, soyez assurés que l’ACDI trouvera
tout de suite un autre partenaire approprié. Il revient au ROCAHD de prendre
les mesures nécessaires pour rester ce partenaire connu, privilégié de l’ACDI ou
de fermer boutique.
Donc
contrairement à l’année passée, à la fin de cette prolongation, nous savons ce
qui passera. Le petit fil dont parlait M. Lalanne Zéphyr, s’effilochant, se
cassera.
Comme on se
plait à dire, la balle est dans votre camp, membres du ROCAHD qui aura besoin de
votre collaboration, de votre souplesse d’esprit. Il faudra penser Haïti, ne pas
camper votre patelin immédiat pour annihiler toute chance de révision
institutionnelle de votre organisme.
Vous serez
interpellés souvent. Si le ROCAHD, le seul organisme canado-haïtien d’aide aux
populations haïtiennes de ce genre, par sa capacité et son savoir-faire, vous
tient à cœur, répondez à son appel, venez assister aux différentes rencontres
qui seront planifiées pour assurer la continuité de cet organisme que vous
voulez fort et dans lequel vous aurez toujours votre mot à dire pour que
l’argent reçu de l’ACDI soit utilisé efficacement et avec efficience, au
bénéfice d’une localité ou d’une région d’Haïti qui ne sera peut-être pas la
vôtre.
Dans
l’immédiat, je sais que vous êtes capables de transcender l’esprit de clocher et
de voir grand. Sinon, ce sera une autre faillite de plus dans les annales
d’affaires haïtiennes.
Comme vous
l’avez lu dans l’ordre du jour, il y a des postes à combler au sein du conseil
d’administration. J’exhorte l’appartenance et le souci de travailler à la
vigueur du ROCAHD de tout un chacun pour ne laisser aucun poste vacant. Il sera
incongru après de mal juger votre organisme dans l’absence de votre
participation.
Bonne
assemblée.
Merci.
Joseph Etienne
Rapport annuel du ROCAHD 2004-2005